Par Didier Maurin, Président de Katleya Advisor SA à Genève
Beaucoup prétendent que Vladimir Poutine menace l’Europe d’une guerre imminente, mais oubliant que bien qu’il soit un autocrate qui n’hésite pas à empoisonner ses opposants politiques, son ambition se limite à restaurer l’empire russe, et non à marcher sur Berlin, Paris ou Madrid. En effet, être tyran ne signifie pas nécessairement être un psychopathe avide de conflits mondiaux, car on attaque pas facilement des puissances nucléaires, bactériologiques et chimiques. Staline, par exemple, qui a tué par ses ordres 20 millions de personnes sur les 120 millions de morts du communisme, était un dictateur prudent comme l’ont souligné les historiens, car de tels hommes sont primaires, à savoir qu’ils suppriment facilement ceux qui sont à leur merci, mais évitent certains autres qui peuvent se montrer redoutables.
Quant à Donald Trump, qui veut un empire américain élargi, il utilisera le dollar pour essayer de mettre la main sur le Groenland, Panama et le Canada, mais n’enverra pas l’armée américaine pour supprimer les 60.000 groenlandais car l’opinion mondiale ne l’accepterait pas. Par contre, offrir un million de dollars à chaque membre de ce continent afin qu’ils passent « sous pavillon américain » ne couterait que 60 milliards de dollars aux États-Unis, à savoir une goutte d’eau face aux centaines de milliards de profits que les multinationales américaines en retireraient en exploitant le pétrole, le gaz, l’or et les terres rares que recèle ce pays. Or, acheter un vote est bien plus défendable qu’une guerre qui serait d’ailleurs facile pour l’armée américaine, car que pourraient faire quelques fusils face aux chasseurs F-35 américains?
La guerre en Ukraine semble également proche d’une résolution, car Donald Trump a bien des défauts, mais ce n’est pas un belliciste.
Prochainement, il s’entendra avec Vladimir Poutine afin que plusieurs territoires deviennent russes, car ne nous faisons pas d’illusions, l’Ukraine a perdu ce conflit, et l’armée américaine va y installer une base afin de sécuriser la région et maintenir la paix.
En effet, ce qui intéresse les américains et en particulier Elon Musk, c’est l’exploitation des terres rares ukrainiennes afin de developper l’intelligence artificielle aux États-Unis, l’essentiel des terres rares mondiales se trouvant aujourd’hui en Chine.
Il s’agit donc d’un enjeu stratégique national pour l’Amérique, car la vraie rivalité, aujourd’hui, est celle entre les États-Unis et la Chine comme autrefois la France face à l’Angleterre, d’où l’entente Trump-Poutine.
Or, on ne saurait installer des usines importantes pour exploiter des terres rares ukrainiennes sous les bombes. D’où la nécessité pour Donald Trump de stopper ce conflit que la Russie a d’ores et déjà gagné comme l’affirment nombre de spécialistes militaires.
En fait, c’est à un retour des empires et des impérialismes auquel nous assistons aujourd’hui, qu’il s’agisse des États-Unis, de la Russie, de la Chine ou de l’islamisme qui tient à constituer un califat mondial.
Quant à l’Europe, elle n’existe pas aujourd’hui politiquement dans le monde car elle est très divisée et manque de moyens.
A titre d’exemple, Emmanuel Macron, en France, se veut belliqueux face à la Russie, mais oublie qu’après 3 jours d’intervention française où que ce soit dans le monde, la France est obligée de réclamer des cartouches aux américains car elle n’en a plus??
Par contre, en instrumentalisant la peur, sa cote de popularité remonte dans les sondages, elle qui était tombée à 20% seulement.
Et vu l’état des finances françaises, il faut qu’il trouve un moyen « patriotique » de saisir une partie de l’épargne bancaire des habitants de l’hexagone.
La troisième guerre mondiale n’aura donc pas lieu, la guerre, paradoxalement, « devenant trop dangereuse » lorsque certaines puissances détiennent un certain type d’armes. Dès lors, prennent place dans le monde un jeu d’influence économique et stratégique en lieu et place de la guerre.
Et mieux vaut espérer que cette vision soit juste…car l’alternative serait catastrophique.